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SANDY CHAMOUN - Sawt El Doumouh (Vinyle)
SANDY CHAMOUN - Sawt El Doumouh (Vinyle)
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Sur son deuxième album, *Sawt El Doumouh* (Le son des larmes), Sandy Chamoun, artiste basée à Beyrouth, fait jaillir des éclats de lumière au cœur de la tristesse. Les influences de la tradition arabe du *Tarab* — l'un des premiers styles qu'elle a appris à chanter — et du chant polyphonique sarde (*Cantu*) sont réinterprétées et réinventées grâce à sa voix et à l'électronique, aux synthétiseurs d'Anthony Sahyoun (son complice au sein des groupes SANAM et Ghadr) et aux percussions jouées en direct par Ali Hout.
Marqué par l'époque, ce disque ne correspond pas à ce que Chamoun avait prévu initialement. « J'ai écrit les paroles entre octobre 2023 et septembre 2025 », explique-t-elle. « Je voulais écrire sur la nature, car le concept de l'album s'inspirait du *Cantu*, un rituel sarde célébrant la victoire de l'humanité sur la nature. Je comptais visiter plusieurs lieux et régions du Liban pour y composer un morceau dédié à chacun, mais après le génocide et la guerre au Liban, tout a basculé. »
« J'ai choisi ce titre parce que, durant cette période, je me réveillais souvent en pleurant en silence. Je me souviens d'un épisode sombre de ma scolarité : un enseignant avait crié sur un petit garçon qui pleurait, lui ordonnant de pleurer sans faire de bruit. J'ai le sentiment que nous vivons toujours dans cette situation dans la région : contraints de mourir ou de souffrir sans émettre le moindre son. »
*Sawt El Doumouh* est un magnifique refus du silence. L'album s'ouvre sur le son puissant d'une batterie. Par-dessus des modulations d'Auto-Tune aux accents plaintifs, la voix pure de Chamoun perce, enfouissant le désespoir pour faire rayonner des lueurs d'espoir. Sur le titre « Ward W Shok », un rythme swing chaloupé cède la place à un interlude d'orgue empreint de ferveur. Le morceau-titre déploie un chœur de voix de Chamoun qui s'entrelacent et ondulent ; l'entrée de la batterie attise l'indignation, et ce qui était empreint de deuil prend soudain une allure résolue.
Les morceaux de Chamoun sont aussi beaux que rebelles. Pourquoi écrire des chansons face à l'horreur ? Peut-être parce que la musique permet de préserver une part de lumière. En se tournant vers le chant, Chamoun saisit les étincelles d'espoir qui persistent et luttent au-delà de la terreur. Avec SANAM et Ghadr, elle emprunte souvent des textes à des auteurs arabes de différentes époques, à l'écoute de la résonance de leurs mots dans le présent, tout en nous rappelant que le monde peut être — et a déjà été — différent de ce qu'il est aujourd'hui. En solo, elle écrit ses propres textes, et la manière dont ses chansons tantôt s'envolent, tantôt soupirent, évoque une pluralité porteuse d'espoir ainsi que l'idée d'autres réalités, plus bienveillantes. Le simple fait d'entendre quelqu'un pleurer crée un lien avec l'humanité.
C’est une possibilité qui s’exprime dans les moments les plus jubilatoires de l’album. « Shahed » est une danse incandescente mêlant percussions et synthétiseurs aériens. « Je l’ai composée après avoir vu une photo d’un petit garçon à cheval sur une plage de Gaza », se souvient Chamoun. « J’ai imaginé un scénario fantastique où l’enfant vit dans l’eau et observe, depuis celle-ci, la réalité terrifiante qui se joue sur le rivage, tout en tentant d’apporter de l’eau pour éteindre l’incendie. Shahed est ce témoin qui vit au large, profitant de l’eau tout en cherchant à porter secours. On perçoit cette dualité : les percussions évoquent le désert, tandis que la voix et les synthétiseurs suggèrent l’eau. »
Bien qu’elle naisse des ténèbres, la musique de Chamoun laisse entrevoir la foi en quelque chose qui les transcende.
1. Khafiy 04:48
2. Wa 04:53
3. Shahed 05:44
4. Sawt El Doumouh 03:17
5. Ward W Shok 05:54
6. Ataba 07:11
7. Latife
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