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Celluloid Lunch

DRAINOLITH - Drainolith's Montreal (Vinyle)

DRAINOLITH - Drainolith's Montreal (Vinyle)

Prix habituel $27.99 CAD
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Avec « On The Electric Hearse » (2020), Drainolith a voyagé dans le temps à travers différentes phases de gentrification du quartier Saint-Henri à Montréal pour rendre hommage à une époque révolue, en distillant son essence hors du temps. Avec ce Montréal de Drainolith, la portée spatiale et historique s'élargit pour donner naissance à une cartographie psychique plus étrange et plus épurée.

S'ouvrant sur une interprétation des « objets mutantes », un poème de 2010 de la mystérieuse Cassie Cornette, Moskos plante le décor de cet album comme une exploration du territoire vague de la ville éponyme.

J'écris depuis un bureau debout public, sous un auvent en bois dur, là où la piste cyclable s'arrête et où se dressent les bureaux du métavers. Lors de l'enregistrement d'« Electric Hearse », cet endroit était encore une excavation de terre et de gravier ambiguë où se déroulaient des cours de danse improvisés et gratuits sur un plancher de bois de fortune. Une pépinière soignée et surpeuplée pousse désormais là où les mauvaises herbes tissaient autrefois leurs réseaux chaotiques et résistants. Le piano qui fait le lien entre ces deux incarnations de « guérilla park » est désormais cadenassé. C’est la meilleure façon de décrire l’état du paysage montréalais, encore flou à l’époque de la sortie de cet album.

Après les lamentations plaintives d’un synthétiseur qui clôturent la face A, on découvre le groupe « no music » : « ils n’entendent pas la musique, ils n’entendent que des mots », selon les propres mots d’Alex. Frissons garantis. Des bruits de bombes de peinture et des tonalités de radio interstellaire crépitent en arrière-plan.

Séparant l’univers futuriste de la première partie de l’album et le mélange explosif de la seconde, on trouve Bourbs, la rue, et Bourbs, le personnage : « deux légendes. La triste histoire de Jean Bourbonais, ce membre de la scène qui a tabassé un homme à mort, et Bourbonnière, une rue géniale d’Hochelaga, large, éclairée et avec une piste cyclable.» Ce sera peut-être le premier morceau de Drainolith pour un feu de camp.

Avant même que le choc de ce changement de rythme ne se soit dissipé, une 808 percutante s'installe, accompagnée d'un groove ample et feutré sur lequel Moskos psalmodie « Je garde mon cou au chaud », évoquant ces longues marches nocturnes en plein hiver. Surgit alors une voix de ténor québécois nasillarde et traînante, lançant des blagues sur Trudeau (père) et l'inflation, suivie d'une pause disco québécoise tout en douceur.

Ce collage de curiosités québécoises (avec une mention de Saint-Henri) qui constitue la première partie du morceau éponyme nous rappelle les nombreux Montréal qui ont existé et disparu. Ce qui ressemble à une corne de brume lance la deuxième partie, et le riff se poursuit de manière lyrique avec des références aux Jésuites, au commerce de la fourrure, au groupe de métal bien-aimé Voivod, à LaSalle… Le Montréal de Draino est-il réel ? Existe-t-il un Montréal plus réel qu'un autre ?

Les technophiles sont descendus du métavers au parc Guerilla pour déjeuner, et je sais qu'il est temps de partir. Des tenues douteuses, des accents français et des regards en coin me rappellent que ce n'est pas mon quartier. Je me dirige vers le siège social de Personal Records à Durocher et remarque pour la première fois le panneau délimitant Outremont à l'intersection de Hutchison et Beaubien. Frontières arbitraires, impasses à usage mixte, lofts d'artistes depuis des générations : voilà de quoi est fait mon Montréal. Est-ce réel ? C'est le nôtre. VIA BANDCAMP

1. Side A 10:27
2. Side B 10:09

 

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